Bernard Trebaol Dans le Léon, à chercher des histoires ![]() |
"Je n'aime pas Fanch Péguivin. C'est le plus grand de l'école communale parce qu'il a redoublé deux fois. Il prend des airs de chiqué avec son gilet à gousset, sa veste à grandes poches et sa casquette de travers, alors qu'il marche comme derrière ses vaches, la merde collée sous ses galoches en bois. Il dit qu'il sait fumer et tousse dans les cabinets. Il embrasse Camille Lagadec derrière le préau, mais après elle crache parce qu'il veut lui ouvrir la bouche avec la langue. Dans les jeux, il triche et pour gagner, il invente des règles à son avantage. Il ne vaut pas la fierté que ses parents ont de lui. Ca, je le dis clairement !" Extrait de "La débandade de mon père" |
Drôles d’histoires et histoires drôles, l’auteur utilise un style alerte pour
(nous) s’amuser des travers de notre petite société léonarde. Parfois féroce
dans les descriptions et irrévérencieux à l’égard des détenteurs des petits
pouvoirs, il n’a de cesse de mettre les rieurs de son côté. Mais sans verser
dans la pantalonnade, la forme est soignée, d’une écriture riche, sans
ambiguïté. La poésie se niche aussi à travers les descriptions et l’ensemble
apporte un souffle frais et nouveau dans l’univers imprévisible de la
nouvelle.
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