Les feux follets sont dans la ville

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« S’il y réussit, alors il obtient le plus grand honneur auquel puisse aspirer un feu follet, c’est d’être coureur devant le carrosse de gala du diable ; il reçoit alors une livrée d’or et il a un col tout de flammes.
« Mais ce privilège a aussi de grands dangers. Si un des êtres humains que le feu follet possède s’aperçoit qu’on le berne, le lutin perd son pouvoir et il lui faut sur-le-champ retourner au marais. Si avant la fin de l’année il trouve que les humains ne valent même pas la peine qu’on se moque d’eux, et que, pris de nostalgie, il revienne au marais, alors un coup de vent l’éteint pour toujours. Enfin s’il s’oublie, s’il a pitié de quelque créature humaine et s’il ne fait pas son compte de trois cent soixante-cinq dupes pendant l’année, il est condamné à passer sa vie dans un morceau de bois pourri. Il brille encore la nuit, mais si peu, si peu, que pour un feu follet qui a de l’honneur, c’est pire que d’être soufflé et de périr.


à suivre...

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